Qasida

 

    

 

Qasida

 

 

 

 

       En ce début juillet 2008, le hall de l’aéroport d’Alger grouille de passagers. C’est la période des congés et des vacances scolaires. La communauté algérienne vivant à l’étranger choisit mois en particulier pour rentrer au pays. Aussi, les Algériens vivant en Algérie voyagent beaucoup en cette période. Pour la plupart, de jeunes gens avides de connaître des horizons européens. Quelques touristes également viennent y découvrir le soleil et le Sahara.

    Abdel était là, dans le hall d’attente depuis plus de deux heures. Il venait de lire plusieurs journaux lorsque l’avion atterrit. Une demi-heure plus tard, les passagers se pressaient de trouver des taxis ou les personnes qui les attendaient. Après quelques minutes, la foule se fit moins dense.

   Myriam cherchait des yeux l’agent touristique chargé de l’accueillir. Soudain, son regard croisa celui d’Abdel. Mystérieusement, ils échangèrent des sourires comme s’ils se connaissaient déjà. Abdel a ce don divin de reconnaître les bonnes âmes.

      - Madame Myriam, je suppose ? Soyez la bienvenue. Votre avion a beaucoup de retard. Je vois que vous n’avez pas beaucoup de bagages. Si vous voulez, je peux les consigner. Puis, nous irons faire un petit tour histoire de nous dégourdir un peu les jambes.

      - Bonjour, monsieur. Ainsi, c’est vous mon guide. Merci pour votre accueil. Mais dites- moi, comment m’avez-vous reconnue ? dit-elle, en l’observant de son regard curieux.

      - Oh ! Il faut croire que j’ai un don, lui répondit-il, en souriant.

Ce n’était pas bien difficile, il avait l’habitude de venir chercher toutes sortes de gens à l’aéroport. Ils avaient tous le même regard rempli d’interrogations, comme s’ils pensaient qu’on les avait oubliés. Après avoir déposé son maigre bagage à la consigne, Abdel la guida vers la sortie. Le soleil était brûlant pour cette Belge peu habituée à une telle chaleur.

      - Vous avez raison, allons marcher un peu, j’ai les jambes en coton. Et j’aimerais beaucoup siroter quelque chose de frais en votre compagnie.

Abdel ne se le fit pas dire deux fois. Après ce long moment passé à l’attendre, il éprouvait lui aussi un grand besoin de se rafraîchir.

      -  Et comme cela, ajouta-t-elle en souriant, puisque nous allons passer de longs moments ensemble, nous pourrons faire plus ample connaissance. Elle ne croyait pas si bien dire…

      - Certainement madame, mais appelez-moi Abdel. Je connais un endroit sur le front de mer où l’on sert un jus d’orange naturel, des oranges d’Algérie et aussi du très bon café.

      -  Faites pour un mieux, c’est vous le guide.

    Aussitôt, il héla un taxi. Un moment plus tard, ils foulaient la terrasse d’un commerce agréablement animé, où un jeune artiste jouait quelques notes en récitant un chant andalou, musique très appréciée dans la région. Tout près, la mer dormait sous les voiles laiteux de la brume du soir. Charmée parla beauté des lieux, Myriam était toute joie. A peine assise, elle dit :

      - Appelez-moi Myriam et tant qu’à faire, tutoyons-nous, ce sera bien plus sympathique, ajouta-t-elle, en souriant.

Il lui sourit à son tour. Le pacte était signé.

   Myriam était tellement émue par la beauté de l’endroit où son guide l’avait emmenée, qu’elle en oubliait sa soif. Elle tournait la tête dans tous les sens pour se repaître du paysage, tout en se gavant de la douce mélodie du chant andalou. Elle était conquise. Mais les senteurs de café et le monticule d’oranges gorgées de soleil qu’elle apercevait la ramenèrent à la réalité.

      - Pour mon premier jour, je serai gourmande. Je vais goûter à ce jus de fruit si tentant et après, je me régalerais bien de ce café odorant. Puis au diable le régime, un petit gâteau au miel à grignoter ne gâchera rien. Veux-tu m’accompagner dans ces délices ?

      - Bien sûr, répondit Abdel, ravi.

Peu à peu, le bistrot s’emplissait de clients. Des dockers pour la plupart ; ils revenaient du port. Tout au fond, des marins absorbés par un jeu de cartes ricanaient si fort qu’ils attirèrent l’attention de Myriam. Au comptoir, un jeune couple d’étrangers sirotait avec plaisir un jus de citron frais.

    Seul, dans un coin de la salle, un homme vêtu d’un costume traditionnel plongeait un regard singulier en direction de Myriam et d’Abdel ; puis il s’approcha davantage, comme pour écouter leur conversation. Il dévisageait curieusement Myriam, tout en restant assez discret pour qu’elle ne le remarque pas. Le patron égayait sa guinguette d’un genre de flamenco, une musique en vogue connaissant un grand succès au-delà des frontières : le Raï.

Cette ambiance musicale semblait attirer une foule considérable dans ce coin populaire, pareil à d’autres, où l’Alger nocturne fait la fête.

   Dehors, la nuit tombait en douceur. Soudain vint un appel :

      - Abdel ! Abdel ! On doit rentrer.

Le chauffeur s’impatientait d’attendre aussi longtemps les clients de l’hôtel.

A cet instant précis, l’étrange individu se leva et s’approcha du taxi comme pour se renseigner sur la direction qu’il allait prendre. Abdel expliqua à sa cliente qu’il était temps d’aller rechercher ses bagages à la consigne et d’ensuite faire son entrée à l’hôtel. Comme l’heure de son arrivée était largement dépassée, il ne fallait pas que les patrons croient qu’elle s’était désistée et qu’ils louent sa chambre à un autre touriste.

      -  Pfffff ! fit Myriam déçue. Quel dommage ! Je me plaisais bien, ici, au milieu de toute cette foule bigarrée. Et puis ces instruments me charment les oreilles, j’adore cette musique. En la voyant se trémousser en cadence sur sa chaise, Abdel n’en doutait pas. C’était vrai, elle aimait le Raï.

      - Je veux bien repartir, mais à une condition : je n’ai pas envie de manger seule, je voudrais que tu m’accompagnes pour dîner. Il me faut bien quelqu’un pour guider mon choix dans tous ces plats aux épices odorantes que je ne connais pas encore, dit-elle, les yeux rieurs. Pas facile de lui résister, pensa Abdel, elle a toujours les meilleurs alibis pour me faire céder.

      - Et pendant le repas, tu pourras m’expliquer un peu ta culture.

Tout est nouveau pour moi. Décris-moi la magie de cet endroit antique qu’on appelle la Casbah.


La Casbah

 

 

 

    Le lendemain, à la fraîcheur du matin, Myriam et Abdel parcouraient longuement les rues étroites de la Casbah. Une cité antique, une médina qui avait régné pendant la période ottomane sur une grande partie de l’Algérie. Elle était le premier embryon de l’Alger actuel. Construite sur une grande colline côtière surplombant la mer, elle a ses remparts, ses fortifications, sa marine et son administration. L’étranger qui se promène à la Casbah aura cette impression d’errer dans un labyrinthe, tant elle dispose de ruelles aux issues incertaines.

Des escaliers atténuent la pente tout en débouchant sur de nouveaux quartiers ou des terrasses. Tout son espace est occupé de manière inhabituelle. Ses bâtisses de pierres avec balcons étayés par des éléments en bois sont souvent des habitats collectifs où les occupants partagent la terrasse, le puits et les sanitaires. C’est ce qu’on appelle « haouch ». On retrouve là le Berbère, l’Arabe, l’Andalou, le Turc et le Français par sa culture, son architecture, son artisanat, son art et sa musique. Myriam se croyait dans une cité des Mille et une Nuits, elle rêvait de Shéhérazade.

   Après toutes ces pérégrinations, elle rappela à Abdel, qu’il était temps de manger.

      - Je sais, dit-il, c’est prévu. Regarde la belle terrasse là-bas qui nous tend les bras.

      - Ouf !  J’ai faim, dit Myriam. Qu’allons nous commander ?

      - Je te propose d’essayer la « chorba » : c’est bon et c’est rempli d’épices. Puis, après, si tu veux, on demandera un « couscous ».

La soupe était excellente, avec un bon parfum de cumin, de fenouil et d’autres épices qu’elle ne connaissait pas. Mais sa faim ne capitulait pas.

      - Allez Abdel, je crois que je vais me laisser tenter par le couscous ; toi aussi ?

      - Oui, moi aussi, cette grande marche matinale m’a ouvert l’appétit.

Un plat de semoule bien beurrée, généreusement garni d’agneau, de poulet et toutes sortes de légumes plus appétissants les uns que les autres leur fut apporté.

      - Oh ! Là ! Là ! On ne mangera jamais tout ça, laissa-t-elle échapper, en écarquillant les yeux d’étonnement devant l’ampleur de la ration pour deux personnes.  Ils mangèrent comme si leur vie en dépendait. Puis, ils burent un bon thé menthe, histoire de digérer tout ce que leur gourmandise leur avait fait ingérer.

   Au bout de la rue, on apercevait la mer. Elle était calme et très bleue. C’était comme une invitation.

    Déjà treize heures. Les rues du vieil Alger se vidaient sous l’effet du soleil flamboyant de l’été. Les boutiques baissaient leurs rideaux. Une chaleur humide envahissait les quartiers de la basse Casbah. Ponctuel, le muezzin appelait ses fidèles. Par groupes, ces derniers se dirigeaient d’un pas pressé vers la grande mosquée pour accomplir leur devoir. Les cafés restaient ouverts mais semblaient délaissés. Les serveurs somnolaient dans leur coin. C’était la sieste. Alger s’endormait. Quelques adolescents s’étaient regroupés sur un arrêt de bus en attendant l’arrivée de l’autocar. Les voyageurs se bousculèrent. Un brouhaha s’installa. Heureusement, il y avait de la place pour tous.

      - Et si nous allions à la mer, suggéra Abdel à Myriam. Ce n’est pas très loin d’ici, une petite demi-heure. On va bien s’amuser.

 Ainsi, quelque temps après, ils arrivèrent épuisés mais heureux, sur une plage immense.


La Mer

 

 

 

   Au loin la mer scintillait sous le soleil. Myriam respirait à pleins poumons comme pour s’imprégner de cette bonne senteur d’iode. Abdel la guide gentiment d’une main ferme pour bientôt la laisse gambader à son aise. Il est très étonné de la voir vive comme une jeune fille. Heureux aussi de vivre la joie des découvertes de cette femme d’âge mûr, mais pourtant si peu fière l’ayant tout de suite traité en ami. Il ne sait pas que pour elle, la plage, c’est une première. Elle avait bien sûr déjà vu celle de son pays. Mais jamais elle n’en avait foulé le sable.

   En ce mois de juillet, les plages algéroises sont bondées d’estivants venus de partout. Alger s’amuse bien lorsqu’il sort de ses remparts. Ses foules sont joyeuses. Une marée humaine afflue de toutes les agglomérations environnantes pour occuper la côte longue d’une centaine de kilomètres. C’est la ruée vers la mer. Certaines familles s’installent pour un mois dans des camps de toile où elles trouvent les commodités nécessaires. D’autres font du camping sauvage dans des pinèdes à proximité de la mer. D’autres encore ne font que passer la journée. Une ambiance particulière règne toute la saison. Quoiqu’il fasse très chaud, l’air marin est parfois empli de fraîcheur venant du nord. Soudain, Abdel ne voit plus la folle Myriam : elle s’est mêlée aux foules, ivre de plaisir, de joie et de douceurs méditerranéennes. Plus tard, seule, assise sur un rocher plat, elle regarde le soleil rougir et finir sa courbe. Abdel n’ose pas l’approcher pour ne pas l’arracher à ses pensées. Le jour finit ainsi et le soir met sa robe.

   Gorgée de soleil, Myriam se sent toute alanguie. Elle a les idées vagabondes.

Le sujet principal : Abdel évidemment ; elle sait qu’avec un guide comme lui, la vie sera belle et facile. Où va-t-il l’emmener demain ? Et puis où peut-il bien être ? Ah ! Le voilà qui arrive.

      -  Alors Abdel, tu viens ?

      - Je t’observe depuis un moment, mais je ne voulais pas te déranger.
      - Pourquoi me dérangerais-tu ? L’avenir est prometteur. Je suis en pleine forme. Mes yeux se régalent de la beauté de ton pays, je voudrais ne jamais partir d’ici.

Vivons l’instant présent tous seuls au bord de l’eau. Je veux tout voir, le beau comme le mauvais.

      - Pourquoi donc le mauvais ? lui demanda Abdel, surpris par la tournure sérieuse prise par la conversation.

Elle n’était donc pas cet être superficiel qu’il avait cru entrevoir à travers sa perpétuelle gaîté ?

      - Je sais qu’ici aussi il y des malheureux. Alors, juste leur faire un sourire, un geste de la main, serait pour moi une façon de leur montrer que je pense à eux, dit-elle, simplement.

   Durant ces vingt années passées dans ce métier, Abdel n’avait jamais connu pareille expérience. Cette dame semblait être un soleil rayonnant d’amitié et d’humour. Son cœur était blancheur, amour et innocence. Il lui tendit la main et ils s’en allèrent insouciants de la nuit qui tombait sur la plage. Puis fatigués, ils se reposèrent un long moment, attendant le passage de l’autocar qui faisait sa dernière navette. Il était l’heure de rentrer.

    Abdel silencieux, plongea dans une pensée : elle est belle la vie ; seuls nous, les hommes et femmes de tout bord, sommes rebelles. Il médita longuement sur cette journée passée avec cette étrangère, étrangère par sa langue, par sa peau, mais comme Aicha, Leila et les autres, était femme par son cœur. « Les frontières, les barrières n’existent que dans l’esprit des gens cloîtrés dans leur tour », conclut-il.

   Elle aussi réfléchissait à l’étrangeté de la vie. Qui aurait pu penser, il y a encore peu de temps qu’elle viendrait en vacances en Algérie et qu’elle se lierait d’amitié avec son guide ?

Abdel ne disait rien. Mais, elle voyait défiler dans ses yeux des images en album souvenir.

       – Tiens, voilà l’autocar, dit Abdel. Pour une fois, il n’est pas en retard.

Ils se dirigeaient vers l’arrêt du car quand une bande de joyeux garnements, sortis d’on ne sait où, arrivèrent en courant une glace à la main. Le plus petit trébucha et s’étala aux pieds de Myriam. Emue par les larmes de l’enfant, elle se précipita pour l’aider à se relever. Mais le bambin pleurait surtout pour sa glace tombée dans la poussière. Quand enfin elle se retourna, Abdel était mort de rire. L’autocar était parti en les abandonnant. Ils étaient maintenant obligés de repartir à pied.

      -  Pas grave, dit Myriam, ça nous fera de l’exercice.

      - C’est sûr, répondit Abdel, en riant. Mais on n’est pas encore arrivés.

      - Allez, haut les cœurs ! La nuit est à nous. Mais si on trouvait de quoi se rafraîchir, ce ne serait pas plus mal, dit-elle, avec un gros soupir.

   Elle riait la douce Myriam, en regardant l’autocar s’éloigner. Elle ne se souciait guère de la nuit qu’il faisait ni de l’heure qu’il était. Pour regagner l’hôtel, il leur fallait remonter jusqu’à la prochaine agglomération distante d’une bonne dizaine de kilomètres, avec l’espoir de trouver un taxi en service. Lasse comme elle était, elle devrait marcher, beaucoup marcher. Mais Abdel connaissait parfaitement les gens et les lieux. Ils empruntèrent des raccourcis étranges en passant par le bois, en traversant une rivière, puis une propriété privée. Ils arrivèrent à un pâté de maisons au bout d’une trentaine de minutes. Seul un épicier était encore ouvert, une vieille connaissance d’Abdel. Ils profitèrent de cette chance pour se rafraîchir. A leur vue, ce monsieur comprit vite la situation.

      - Attendez-moi, leur dit-il, je vais voir si le voisin est toujours debout.

   Pendant ce temps-là, l’homme du bistrot toujours vêtu de son costume traditionnel, apparut dans l’embrasure de la porte. L’épicier revint accompagné d’un chauffeur de taxi en pyjama. Le nouveau venu prétexta l’achat d’une boîte d’allumettes puis il sortit s’appuyer contre la façade du magasin faisant en sorte d’entendre toute la conversation de Myriam et d’Abdel au sujet de leurs déplacements du lendemain. Myriam mettait tout cela sur le compte de l’aventure, une aventure pour laquelle elle avait pris un billet d’avion. Il était minuit passé.

   A l’hôtel, des musiciens ajustaient leurs instruments et chauffaient leurs tambourins tout en balançant quelques fausses notes. Le chanteur annonçait déjà les refrains de vieilles chansons chaâbis. Myriam ne serait pas de cette nuit festive, vraiment festive. Dès son arrivée, elle partit vers sa chambre, éteignit les lumières et s’endormit profondément. « C’est bien dommage », pensa Abdel.

   Elle s’éveilla heureuse et en pleine forme à la vue du soleil jouant dans les persiennes. La journée s’annonce bien, pensa-t-elle, impatiente de retrouver son guide. Je parie qu’il m’attend déjà. De fait, Abdel était là, dehors, la tête levée vers la fenêtre de sa chambre. Elle lui fit de grands signes amicaux en lui criant :

      -Va t’installer au restaurant, j’arrive ! J’ai une faim de loup. Commande le déjeuner, il nous faut prendre des forces, si on doit encore marcher autant qu’hier, dit-elle, avec un grand sourire moqueur. Puis, il faut que j’écrive à mes amis pour leur dire combien la vie est belle, ici, avec toi. Tout content, il partit exaucer ses désirs.

   Quand elle arriva à la salle à manger, un beau plateau garni l’attendait ; il connaissait déjà tous ses goûts : un grand jus d’orange, quelques gâteaux au miel, « des : rahat-loukoums », elle adorait ça. Un petit noir serré. Puis comme chaque fois après le repas, un thé à la menthe, pour digérer tout ça, comme elle disait.

   Après l’écriture d’une dizaine de cartes postales illustrées de photos du vieil Alger, elle sortit une feuille de papier de son sac à main et la tendit à Abdel, en disant :

      - Il faut que je te dise que j’avais un ami virtuel en Algérie. Je correspondais avec lui par l’intermédiaire du Net sur un site de poésie dont nous étions tous deux des membres assidus. Regarde, voici un des poèmes que nous avions écrits en duo, le premier, je crois. Je te l’offre.

Abdel prit le papier qu’il se mit à lire avec une émotion croissante.

 

 

L’Amitié

 

 

Mon amie, par ces mots je viens jauger ton cœur

Pour savoir si pour toi vraiment assez je compte.

Etant trop loin de toi, cela me fait si peur

Qu’un jour gris, je lirais dans ta salle d’attente

Que ton train est parti vers d’autres horizons,

Et ce serait bien sûr, cet intrus sans vergogne

Que tu aurais suivi par amour ou raison

Me délaissant ainsi remuer dans ma grogne.

 

 

 

 

Tu peux jauger mon coeur dans toute sa profondeur.

Te savoir mon ami adoucit bien des choses.

Pouvoir se raconter à l’autre sans avoir peur

D’envie, de jalousie, être en parfaite osmose.

L’intrus comme tu l’appelles s’en est allé là-bas

Emportant avec lui tout cet amour qui fuse.

Mon esprit est malade, oui, j’en deviens gaga

Mais je sais qu’avec toi, nul n’est besoin de ruses.

 

 

 

Je ne sais pas pourquoi m’avait gagné ce doute ;

Nous sommes si liés pourtant depuis longtemps.

J’aurais été jaloux, mon Dieu, je le redoute,

Alors que malgré nous et malgré tout ce temps,

Nos cœurs se sont unis à jamais et je pense

Que plus rien ne saurait altérer leur fusion.

Mon amie, l’amitié est notre récompense,

Elle est notre foyer dépourvu d’illusion

Où l’on abritera le restant de notre être.

Notre amour mûrira et aura la saveur

Des fruits d’un paradis où nous irons, peut- être.

Le bonheur aurait là la forme des vapeurs.

 

 

 

Toi, l’homme de là-bas, tu dois savoir qu’Hulûl

Veut dire union mystique ; ne serait-ce pas cela

Ce genre d’amitié qui si fort nous bouscule ?

Un champ métaphysique, moi je verrais bien ça :

Pas besoin de parler, on sait ce que l’autre pense.

Malgré l’éloignement et le contact absent,

Nos esprits ne font qu’un, se devinent sans transes

Cette amitié si forte comme un médicament

Régénère nos vies et nous porte en cadence

Vers des lendemains purs comme nos sentiments.

Cela, s’est fait tout seul comme le fait une danse

Vivre ça maintenant, toucher au firmament.

 

 

 

Je ne suis ni chaman, ni prêtre, ni sorcier.

Un homme seul qui rame au large de sa vie,

Emporté par les ans, cherchant une associée

Pour bâtir un empire assis sur cette envie

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Commentaires (1)

1. Boudia (site web) 05/11/2009

[b][/b] Oh! Quelle belle nouvelle ! Tu es un as, Abdel ! Je te remercie pour ce bain autochtone du souk hebdomadaire et pour cette escapade littéraire qui vous rend la nostalgie plus vivable après cette lecture.

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