Malédiction 8

  

 

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Les abeilles

 

Dans ma ruche évolue un chaos syllabique

Expulsant à son gré quelques maux baladeurs

Que je noie par essaims dans une encre mystique

Pour construire des mots, puis des écrits songeurs.

 

Poésie, dites-vous ? Non ! Écoutez ce qui suit,

Et par ruche entendez : ma cervelle imbécile,

Car parfois la raison s’effarouche et s’enfuit  

Quand j’ose méditer sur un thème indocile.

 

Ah l’abeille, ma quête, en toi tout est divin !

Ton royaume, une Mecque et ta reine, déesse.

Je t’observais sortir toujours de ton couvain

Et  paître le printemps où fleurissent des liesses.

 

Tu voltiges avec grâce ensemençant les coeurs

Ouverts sur mon pré vert de ton froufrou magique.

En revenant, Bergère embaumée de senteurs,

Offre-moi le nectar d’une fleur cannabique.

 

Et plonge en moi ton dard, j’aime cette douleur

Fine comme un baiser, un baiser qui murmure

D’extase. Si jamais le jour devient pâleurs,

Viens triturer mon corps, une étendue plus sûre.

 

 Tu n’auras que mon sang, rouge, chaud et amer.

Mon lit ne fleurit plus, il est tel un automne

Mais mon rêve est vivant et grand comme la mer

Ses jardins sont béants, viens, bourdonne, bourdonne !

 

Nous sommes quelque part, alentour d’un destin,

Semblables par devoir, mais sans droits chère Abeille.

Moi, je rime des mots, par amour,  par instinct ;

Toi, tu captes ton miel aux sources des merveilles.

 

Ton fruit est un régal ; le mien, un bien, un mal

Siroté tout de même aux heures les plus sombres ;

Demeurant méconnu, Il a un goût brumal,

Prisé intensément par le peuple des ombres.

 

 Abdel

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