Malédiction 12

Testament d’un fou

 

Mon heure approche, déjà je pars, peut-être…

Le fil de ma vie entame sa rupture.

Allez ! Qu’on se dépêche avant qu’il ne soit tard !

Voici mon testament,  gardez-le bien ouvert

 

Quelque temps pour les fous, non pour les imbéciles

Mais n’attendez  de moi ni ors ni richesses

Je vous lègue tout juste une prose maladroite

Une vague pensée et de folles illusions.

 

Jetez aux chiens errants mon encombrant cadavre !

Mais, si par pitié vous me faites une tombe

Je ne peux l’interdire en étant mort, absent

Creusez assez profond puis arasez le sol !

 

Ne laissez pas de pas, je veux bien disparaître

Lisez si ça vous plait une courte prière

Je ne peux l’interdire étant mort, absent.

Ne vous donnez  la peine d’ébruiter mon départ

 

Je ne fais que passer dans ce monde amer

Comme une ombre allant à son argile

 Je ne suis ni savant, ni personnage célèbre 

Dont  l’histoire retiendra les empreintes

 

Creusez assez profond puis arasez le sol !

 Eteignez tous les feux, faites qu’il fasse noir

Sous mon toit mortuaire et qu’il règne un silence.

Une étoile suffit pour éclairer les âmes

 

De grâce ! Permettez-moi une timide licence

D’écrire de propre main mon oraison funèbre

Je sais qu’un orateur trouvera des mensonges

Un peu sur mon vécu ou pour le protocole

 

Creusez assez profond puis arasez le sol !

 Quant à l’au-delà, moi seul serai comptable

Devant une vaste indulgence, celle du  Bon Dieu.

Que Satan, seul, pourra manifester le deuil

D’avoir perdu hélas une âme pécheresse !

 

Abdel

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