Malédiction 13

Le poète

 

Le poète est maudit aussi bien que Satan

Il croit de sa magie émerveiller le monde.

En torturant les mots qu’il veut trop épatants

Il s’oublie  impuissant dans une ombre profonde.

 

Il parvient parfois à forger des émois

Dans le cœur du lecteur qui aime, qui espère

Quand le malheur l’étreint, quand il perd sa foi

Dans un fou tourbillon, au fond d’une galère.

 

Il parvient parfois à dompter l’irréel

Edulcorant ainsi la soif et la misère

Et faire du fiel un verset de miel

Au lecteur assoupi dans un songe sévère.

 

Le poète est maudit aussi bien que Satan,

Il croit de ses écrits rivaliser les astres.

Pour ce faire, devant se montrer éclatant,

Il use adroitement de ses rimes folâtres.

 

Il arrive parfois à nous laisser rêveurs,

Ce maudit vaurien, sans vraiment nous dire

Le pourquoi de ses mots ardents, pleins de ferveur,

Et qui l’inspire, et, qui le force à écrire.

 

Il arrive parfois à tresser des folies,

Une prose où l’amour discourt avec les roses,

Un étrange langage en syllabes polies,

Auquel on ne comprend hélas que peu de choses.

 

Le poète est maudit aussi bien que Satan

Crois-moi lecteur perdu dans le flou des nuages.

L’un est clair, indiqué, dans les écrits d’antan,

L’autre, vain, amoureux d’une plume et de pages. 

 Abdel

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