l'ossuaire marin

 L’ossuaire marin

 

La mer, la mer, là-bas où le soleil succombe…

Je songe en m’adossant contre un talus marin,

À vrai dire un muret entourant quelques tombes,

Lieu où poussent  des pieds  épars de romarin.

Une basse colline ayant un pan dans l’onde

Où  je viens méditer en scrutant l’horizon.

Je ne m’en vais qu’au soir à des heures profondes.

 

Cet  endroit mystique est quelque part  ma maison.

Je salue en priant les morts qui s’y reposent

Embaumés du  brouillard filtré par leurs caveaux.

Ils reniflent la mer qui tout près d’eux dépose

Ses algues, profanant leurs soi-disant tombeaux.

 

Mais nul n’ose aujourd’hui par respect  aux absents

Déblayer le terrain du chaos des rocailles

Et bâtir avec cœur des sépulcres décents

Aux vivants d’autrefois enfouis dans des entailles

Creusées non loin des eaux sur cette élévation.

 

Est-ce un ossuaire ou un cimetière,

Vestige d’un naufrage ou de conspirations,

Oubliés par le temps dans le fossé d’une ère ?

 

J’irai un gris matin explorer par devoir

La mine aux ossements à la main quelques roses

Cueillies de mon jardin,  muni d’un encensoir,

J’ambrerai  en lisant la rituelle prose,                                         

Cet enclos aux mystères  où réside ma paix.

Et j’éparpillerai mon bouquet sur les  âmes.

Je choisirai l’endroit où creuser à mes frais

La demeure finale où  s’éteindra ma flamme.

Abdel 

 

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