La prière de minuit

La prière de minuit.

 

Il fait triste ce soir, j’ignore la raison.

Une ultime lueur s’éteint à l’horizon

Puis la nuit sombre instaure un ténébreux empire

Parsemé de foyers qui vivent, qui respirent…

Et moi, seul, inquiet, ne sachant trop de quoi,

J’entre dans ma pensée ouverte aux pourquoi,

Faisant tout un désordre en recherchant des causes.

J’ai une impression, un doute en toutes choses.

 

Prière !

 

Dites ! Ce feu au loin, ce repère, ce toit

Est-il bienheureux, entendez-vous des voix,

Le rire des enfants fusant dans les ténèbres,

Les mots d’un vieux lettré diffusant ses algèbres

Aux bambins d’aujourd’hui, hommes de l’avenir ?

Y a-t-il des amours, de tendres souvenirs,

De la joie accrochée aux lèvres insouciantes

Des filles et des garçons, aux humeurs souriantes ?

 

Prière !

 

Dites ! Ce feu là-bas à cent pas du hameau

Qui brille sans éclats,  nous cache-t-il des maux,

N’est-il pas orphelin, n’est-il pas misérable,

A-t-on servi des mets, du couscous à sa table ?

Abrite-t-il la paix, l’espoir et le bonheur

Ou, hélas, des vivants livrés à un malheur

Qui frappe et qui s’en va, une nuit criminelle

Eprouvée en l’absence horrible, paternelle.

 

Prière !

 

Dites ! Ce feu là-haut au sommet du col noir,

Clair le jour, pensez-vous, qu’il est vraiment ce soir 

Bien protégé des loups, ceux de l’espèce humaine,

Ou qu’il est par mépris basculé vers la haine

Armée et meurtrière en ces temps algériens ?

Espérons, espérons que ce feu soit gardien

Qui veille, qui surveille et qui conforte l’âme

De l’Algérie aimée encore sous les armes !

 

 Abdel

 

 

 

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