Le vin du marquis

 

Le vin du maquis

 

Viens arroser ton cœur, ami qui vagabonde

D’un bon vin d’Algérie qu’un wali interdit,

Un excellent Khayyâm  servi par une blonde

Au bar à ciel ouvert d’un tavernier maudit

 

 

Où l’on va tous les soirs et à la moindre trêve

Par le joyeux chemin  qui donne sur le bois.

Les ivrognes sont là accrochés à leurs rêves

Sirotant l’amertume en discutant des lois.

 

L’endroit est tapissé de mousses, de fougères

Ombragé de vieux pins, parsemé de buissons,

Traversé d’un canal où une eau passagère

Chantonne une gaité d’une étrange façon.

 

Viens arroser ta soif, ami qui vagabonde,

D’un bon vin clandestin mûri par le soleil

Et par notre amitié, dans la forêt profonde.

Nous avons pour loisir ce liquide vermeil.

 

Les cercles sont formés autour de ce breuvage

En vois-tu les vapeurs, entends-tu les rumeurs ?

C’est l’ennui qui s’enfuit craignant les lessivages

De leurs si pauvres âmes étreintes de malheurs.

 

L’ivrogne est malheureux, la vigne est mécréante

Comprenez bien ceci, vous qui ne buvez pas !

Aussi ne blâmez point  l’ivresse bienséante

D’un homme usé qui boit le noir de son tracas.

 

Viens noyer ton destin dans ce philtre magique

Pour oublier les ans,  ivrogne maquisard,

Car l’ingrat magistrat imbu de politique

Est venu par décret discréditer ton bar.

 

Abdel

 

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