Printemps Arabe

Le printemps arabe

 

C’est quoi ce bruit, mon frère, on dirait le tonnerre,

Si n’était le ciel bleu par ce joli printemps

Où  nul nuage vogue et le soleil  éclaire

De toute sa vigueur mille prés  éclatants.

 

Ses  radieux rayons  dorent les fleurs écloses

Mais, pétarades au loin et tout semble agité.

Dis-moi pourquoi mon frère, à la saison des roses,

Tant d’hommes sont partis, moroses, sans gaité ?

 

Maman  ne me dit rien sur le sort de Papa.

Les aurait-il suivis, nous laissant sans nouvelles, 

Serait-il de ce monde ou de l’affreux trépas,

Se serait-il mêlé aux foules des rebelles ?

 

&&&&&

 

C’est la guerre ma sœur, ou plutôt c’est  la haine,

Logée  depuis longtemps par le cœur et l’esprit,

Qui surgit au grand jour, aveugle, sombre et vaine

Elle met ses soldats  dans le feu des conflits.

 

Des hommes s’entretuent au front sans se connaitre

Surement sans savoir la raison de l’horreur

Qui régit désormais leur condition d’être

Ennemis de la paix, ennemis du bonheur.

 

C’est ainsi chère sœur, mais gardons l’espérance,

N’insultons pas demain, il est un autre jour.

Notre aimable papa, dès la fin des souffrances,

Par le même chemin, sera bien de retour.

  

&&&&&

 

Pourquoi sont-ils  méchants, ô mon frère, les hommes.

Au nom de qui, de quoi, livrent-ils ces combats

                                                  Décimant les humains et créant des fantômes                                                      

Qui marchent  haletants sur la chair et gravats.

 

Alep est un bijou, nous disait la maîtresse,

Une ville à rêver, plus belle que Damas !

Mais un  cancer l’atteint, aggrave sa détresse

Qu’on fuit par milliers  les habitants, hélas !

 

Sommes-nous de ce mal atroce et si vorace,

Hors d’atteinte vraiment ; peut-on faire la paix

Sans poudre, sans armées, et s’offrir une place

Parmi les nations avec droit et respect ?

 

&&&&&

 

Je ne sais te répondre en ce moment tragique

Tout se trame bien loin de ton monde enfantin

Et ce n’est pas d’un vœu ou d’un songe magique

Que cesse la noirceur et naît un blanc matin.

 

Un matin gai et bleu ne laissant point de trace

De l’absurde bataille où meurt le guerrier.

Un matin qui défait  les querelles  tenaces

Nourries par l’on ne sait quels vils armuriers.

 

 On peut toujours rêver d’Alep qu’on violente,

 De l’Irak déchiré, de Libye, du Yémen,

 Des pays entrainés dans la même tourmente,

 Et  prier en silence: amen, amen, amen !

 

&&&&&

 

Que ferions-nous frère à l’approche probable

Des hordes qui paradent aux maquis alentour,

Ils sont puissants, dit-on, leur nombre est incroyable.

Avons-nous où aller si par malheur un jour…

 

Leur folie meurtrière actionne les armes,

Et souffle les logis, tuant des innocents ?

J’ai peur de ce danger, de vivre  pareil drame

Et peur que dans ma classe on compte des absents.

 

Ce monde inconscient est gravement complice,

Il tait  l’atrocité vécue par les enfants !

J’entends les gens touchés par l’ampleur du supplice,

Parler de nombreux morts  par des gaz étouffants.

                          

&&&&&&

 

Nos vies ne valent, sœur,  aucunement plus cher

Que celles des voisins auxquels nous lie le sort

Nous sommes là, planqués, auprès de la lisière

Abritons-nous fort bien sans un grain de remords.

 

D’avoir été acteurs de l’ignoble dérive :

Toi, trop jeune encore, et moi, un troubadour

Rejetant fermement toute force agressive.

Cette ruine, ma sœur, va s’arrêter un jour,

 

Le jour des vérités et des bilans macabres,

Lorsqu’on aura perdu nos âmes et la raison

Et viendra le chef débiter des palabres,

Des mots faussement beaux et une aigre oraison.

 

Abdel

 

 

 

 

 

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