Le souk aux rêves

Le souk aux rêves


Après avoir passé un dimanche morose et ennuyeux, Marianne se décida enfin, elle allait s'offrir un ordinateur et partir à l'attaque du Net tant vanté par ses copines, des femmes seules, comme elle. Elles avaient, disaient-elles, réussi à tromper leur solitude en passant quelques heures tous les soirs à tchater sur des sites de rencontres. Le lundi après-midi, l'affaire était dans le sac. Il ne lui restait plus qu'à attendre la connexion pour pouvoir se lancer à l'assaut d'Internet.
Deux jours plus tard, c'était chose faite. Par curiosité, elle visita les forums cités par ses amies, puis elle continua ses recherches. Elle trouva enfin un site qui lui plaisait et s'empressa de regarder les photos de ses membres. Son regard s'arrêta sur les portraits de deux hommes qui n'étaient plus tout jeunes, mais qui avaient encore une certaine prestance. Un Suisse et un autre, « d'un pays de là-bas ». C'est ce qu'il avait écrit. A son teint cuivré, on pouvait voir qu'il était de type maghrébin. De quelle nationalité ? Mystère... Le Suisse se faisait appeler Aramis et l'autre Cumulus. Et elle, sous quel nom allait-elle s'inscrire ? Rose des sables ! Oui, c'était décidé, dorénavant, elle serait Rose des sables. Après avoir remplit le formulaire d'inscription, il ne lui restait plus qu'à choisir une photo récente, et son profil serait complet. Quand elle revint à la page d'accueil, elle tremblait d'impatience comme une jeune fille qui se prépare pour son premier bal.
Cela faisait bien longtemps qu'elle vivait seule. Son fils unique, soldat de métier, était affecté au Proche-Orient pour une mission de maintien de la paix. Elle avait vécu une vie conjugale heureuse, faite d'amour et de sérénité. Mais il y a de cela une décennie, son mari décéda des suites d'une longue et pénible maladie.
A la cinquantaine, cet âge délicat, elle sentit en elle le besoin naturel d'une présence pour continuer son chemin. Physiquement, elle ne faisait pas ses cinquante ans. Ses yeux bleus rayonnaient de jeunesse et de santé. Sa corpulence portait allégrement le poids du temps et son pas ne se différenciait guère de celui d'une jeune femme de trente ans. Son visage, au teint clair, laissait apparaître quelques rides superficielles qui, curieusement, ajoutaient à son charme naturel. Quand elle souriait, ses lèvres s'entrouvraient sur de petites dents blanches et régulières qui faisaient penser à de la porcelaine. Timidement, elle venait de pénétrer dans le monde virtuel en affichant sa beauté et ses espérances sur un forum de rencontres.
En lisant son profil, Cumulus remarqua que c'était une mordue de poésie et de lecture. Etant lui-même un poète accompli, il s'empressa de lui souhaiter la bienvenue d'une manière particulière. Ce fut leur premier contact. Un contact dont elle se souviendrait longtemps.
Par contre, lui, il ne donnait que peu d'informations sur sa personne : « Apatride, poète du net, la cinquantaine ».
Puis, ce fut Aramis, qui lui adressa quelques mots gentils. Elle s'intéressa longuement à sa fiche signalétique. Il se disait : « âgé de 45 ans, égyptologue, amateur de prose, résidence principale en Suisse, secondaire en Egypte, repérable en France ». Ainsi, le Souk aux Rêves ouvrit les bras à une fervente cliente pour l'accueillir dans ses salons bondés d'un monde qui cherche en son sein, l'amour, l'amitié et un possible bonheur.
Après avoir éteint son ordinateur, elle réfléchit à sa première expérience du Net. La facilité avec laquelle les membres se présentaient l'un à l'autre, sans faire de chichis, l'étonnait.
Elle aimait beaucoup la réserve du nommé Cumulus. Il lui avait parlé avec douceur et respect. Sa façon d'écrire révélait un homme lettré et intelligent. Et sa façon de dire les choses, métaphoriquement, ah, comme elle aimait ça ! En plus, ce qui ne gâchait rien, c'était un très bel homme. Il faut dire aussi qu'elle avait toujours été attirée par les gens du sud, un fantasme, en quelque sorte.
Quant à Aramis, il paraissait beaucoup plus ouvert. Il s'était présenté à elle en disant :
- Coucou, Rose des sables, tu es nouvelle, je crois. Moi, je suis ici depuis longtemps, tu verras, tu te plairas beaucoup parmi nous.
Puis, tout de suite, il avait commencé à lui poser un tas de questions.
- Que fais-tu dans la vie ? Ou encore, as-tu des enfants ?...
Sur le moment, elle avait été surprise : « il est bien curieux, celui-là, pour une première rencontre ». Mais n'ayant jamais communiqué avec personne de cette manière, elle pensa : « cela doit être normal, c'est un habitué, lui ». Déjà, au vu de sa photo, elle avait remarqué qu'il affichait un look décontracté et un grand sourire qui le rendait sympathique au premier regard. Il n'avait rien d'un Apollon, et on pouvait même le soupçonner d'avoir triché sur son âge, mais bon, quelle importance, elle ne le verrait sans doute jamais.
Le lendemain, à vingt heures, elle se connecta directement sur Rencontres, en espérant que ses deux interlocuteurs seraient là pour lui faire la causette. Comme souvent, à pareille heure, Cumulus était déjà présent. Curieusement, il n'entra pas en contact avec elle lorsque son nom s'afficha sur le forum.
Aramis y était également, mais il était en grande discussion avec Etoile du nord, une femme qui s'intéressait à l'archéologie, à la mythologie grecque et aux voyages. Elle pensait trouver auprès de lui, des réponses aux questions qui titillaient son esprit. Il faut dire que son savoir était rudimentaire. Leur relation avait dépassé le cadre virtuel. Lorsqu'il passait en France, Aramis venait souvent chez elle. Ils restaient de longues heures à parler des pyramides et des pharaons. Cette dame riche possédait des biens immobiliers situés en plein cœur de Paris.
Son mari dirigeait un célèbre bureau d'étude d'architecture. Leur couple chancelait depuis bien longtemps, et leurs idées divergeaient sur tout.
Rose des sables hésita un moment, puis elle s'enhardit à poster un message.
- Bonjour Cumulus, j'aime les nuages et en particulier le tien.
- Bonjour amie, j'aime les dunes, et particulièrement lorsqu'elles se parent de roses comme toi.
A ces mots, elle se mit à sourire et ne sut plus que répondre. Puis il reprit :
- Tu sais, ici c'est le souk, on y vend de tout, il faut savoir faire ses achats, c'est sans garantie.
A ces rudes paroles, matière à réflexion, elle répondit par une question :
- Et toi, qu'as-tu acheté ?
- Oh, rien, à vrai dire, j'hésite entre les roses et les étoiles.
Elle perdit encore une fois ses mots et le laissa en attente. Mais il brisa aussitôt le silence.
- Bonnes courses amie, et à bientôt.
Puis son nom s'effaça de la liste des personnes en ligne.
Quand Aramis se présenta à son tour, Rose rêvait de nuages, des cumulus sans aucun doute.
En entendant le petit clic caractéristique signalant l'invitation d'un contact, son sourire revint. « Tiens, c'est sûrement Nuage blanc qui revient du souk », pensa-t-elle. C'était le surnom qu'elle avait donné au bel oriental, mais bien sûr, il l'ignorait. A la vue du :
- Coucou, Rose des sables !
Elle comprit tout de suite de qui il s'agissait.
- Bonsoir, Aramis, tu vas bien ? demanda-elle.
- Oui, je prépare mes futures vacances, alors, tu penses...
- Où vas-tu cette fois ?
- J'hésite entre la Grèce et l'Egypte, mais je crois que je vais choisir Athènes. Cela me permettra d'enrichir mon savoir sur ce beau pays.
- Ah, oui, j'ai vu dans ton profil que tu étais féru de mythologie.
- Tu peux le dire, c'est même pour ça que j'ai choisi le pseudo Aramis
- Pourquoi, Aramis ? demanda la belle des sables, qui ne comprenait pas où il voulait en venir.
- Attends, je t'explique ! Aramis me rappelle le fameux guerrier grec, Artémis. Tu dois avoir appris ça à l'école tout de même ?
- Oui, j'ai bien appris l'histoire d'Artémis, mais c'était une femme, la déesse de la chasse, appelée Diane chez les Romains.
- Tu dois te tromper, j'en suis certain, c'était un homme !
- Mais non, enfin, c'était la fille de Zeus et la sœur jumelle d'Apollon, c'était une championne au tir à l'arc. C'était une femme, on parie ?
- Il doit s'agir d'un autre alors, dit-il, pour se tirer d'embarras.
Elle en sait des choses celle-là, il va falloir que je fasse attention à ce que j'affirme, pensa-t-il.
- Je dois partir. Excuse-moi, j'ai du monde.
- Oui, à demain, et attention aux flèches d'Artémis, elle tire juste, lança-t-elle, ironiquement.
Elle n'obtint pas de réponse, le féru de mythologie était parti retrouver Etoile du nord.
Celle-ci avait tellement peu de culture qu'il lui faisait avaler n'importe quelle couleuvre. Des couleuvres, auxquelles elle applaudissait en disant.
- Quelle chance j'ai eu de te rencontrer. Avec toi, j'apprends toutes sortes de choses dont je ne soupçonnais même pas l'existence.
Qu'elle est bête, et moche en plus ! pensait l'égyptologue. Mais elle est tellement riche, cela excuse bien des choses...
Aramis était membre de ce club de rencontres depuis sa création. Il s'y était inscrit sous deux ou trois pseudonymes différents. Souvent, il disparaissait, puis réapparaissait, prétextant un voyage d'études, une mission scientifique ou parfois tout simplement des vacances qu'il passait dans un paradis imaginaire : un site similaire. En réalité, il y laissait un autre « pseudo » en veilleuse, guettant ainsi l'arrivée de nouvelles proies. Il ne pouvait pas espérer faire illusion avec le même identifiant, le mensonge a une durée de vie restreinte. Il se disait riche, ou pauvre, selon la condition sociale de sa partenaire virtuelle. Son âge variait de 40 à 50 ans. Sur son profil, on pouvait lire : « divorcé sans enfants, chercheur scientifique, une profession qui lui attirait bien des sympathies ». Il faut dire aussi que les informations qui y figuraient, subissaient de fréquents changements.
Etoile du nord n'était pas sa première victime. Sans le savoir, cette femme richissime se laissait engloutir dans une relation amoureuse à sens unique. Mais lui, il ne pensait qu'à la somme rondelette qu'il allait pouvoir empocher. A Paris, il descendait dans un appartement luxueusement meublé que la pauvre idiote avait mis gracieusement à sa disposition, croyant aider un chercheur sans moyens. Elle couvrait même ses frais de séjour et avait mis une voiture avec chauffeur à sa disposition. Elle pensait agir pour le bien de la science, et espérait que, dans quelque temps, elle irait visiter les tombeaux des pharaons. Une visite guidée... Evidemment !
Quand Cumulus se connectait, il trouvait toujours un gentil message de Rose, message auquel il répondait avec plaisir. Depuis leur premier contact, vieux de déjà presque une année, il ne se passait pas un jour sans qu'ils ne s'adressent un petit mot tendre. Mais Cumulus vivait loin, au-delà des mers. Cette relation inqualifiable était vouée à rester virtuelle. Puis, un jour, il reçut un courrier inespéré du service français chargé des dossiers des anciens combattants d'outre-mer. C'était une réponse à une réclamation de feu son père qui avait servi en Indochine. Ce service accordait à sa mère une pension qui lui revenait de droit. Le jour même, il informa Rose de cette nouvelle situation et lui expliqua qu'il serait à Paris, une fois le dossier constitué.
Sur un autre site, l'orage grondait. On y parlait beaucoup d'un certain Orémus. Cet homme affichait une préférence certaine pour les dames d'un certain âge. Et surtout, pour celles qui disposaient d'une certaine aisance. Il ne se préoccupait guère de leur beauté ou de leur culture, seul lui importait le profit qu'il pouvait en tirer. Sa dernière victime avait choisi comme pseudo : Néfertiti. C'était une célibataire de soixante ans qui possédait une affaire commerciale florissante. Il s'était présenté à elle en tant qu'égyptologue reconnu. Il lui expliquait ses nombreux voyages au pays de Ramsès, en lui faisant miroiter la possibilité de l'accompagner lors de sa prochaine mission. Mais il attendait pour cela, une rentrée d'argent qui se faisait désirer. Elle était tellement heureuse à l'idée de pouvoir l'accompagner qu'elle proposa de lui avancer le montant nécessaire au voyage et à leur séjour. Il la rembourserait quand il le pourrait. Des coups de téléphone s'établirent entre eux. Elle lui demanda son numéro de compte bancaire, mais il lui dit qu'il préférait la rencontrer. Rendez-vous fut pris, et naïvement, elle lui remit une grosse somme en liquide, sans prendre la précaution de lui faire signer un reçu. Cela mit fin à leur relation. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Orémus disparut du site de rencontres. Mais Néfertiti n'allait pas en rester là. Comment, elle, la femme d'affaires, rodée à toutes sortes de malversations et d'entourloupes, avait-elle pu se laisser bluffer de la sorte ? Quelle idiote ! Sa trop grande solitude, et tous les compliments dont ce triste individu l'avait abreuvée pendant de si longs mois, avaient eu raison de sa méfiance habituelle. Mais cela ne se passerait comme ça, il allait voir à qui il avait affaire.
Quelques jours plus tard, elle téléphona à son amie Rose des sables, pour la prévenir qu'elle serait bientôt de passage à Paris. Les deux femmes se connaissaient depuis longtemps. Née dans le monde virtuel du Net, leur amitié avait ensuite grandi dans la réalité quotidienne. Les deux amies regardaient l'avenir avec espoir. Elles se rendaient mutuellement visite et parlaient à bâtons rompus, des membres masculins de leurs clubs respectifs, ainsi que des aventures qu'elles y vivaient. Elles espéraient découvrir un jour, au Souk des Rêves, leurs futurs compagnons.
Rose tenait beaucoup à son Cumulus, un être mystérieux et peu bavard qui devait arriver dans le courant de la semaine. Elle attendait de lui un dernier message qui annoncerait la date de son départ d'Alger pour Paris.
Quant à Néfertiti, elle venait de perdre Orémus, un escroc de haute volée qui avait su habilement la spolier en lui faisant miroiter un beau rêve : un rêve pharaonique. Comme par hasard, son arrivée à Paris coïncida avec celle de l'Algérien. Les deux femmes allèrent l'accueillir ensemble à l'aéroport d'Orly. Dès leur retour, Rose, toute heureuse de son beau Maghrébin, annonça la nouvelle à Etoile du nord. Celle-ci les invita à passer le week-end ensemble, dans le vaste appartement parisien où descendait justement Aramis qu'elle attendait avec impatience.
Et voilà, c'était arrivé. Ce qui aurait pu rester une chimère, devenait enfin une réalité. Des êtres abstraits, que le Souk aux Rêves avait réunis pour un temps, se retrouvaient dans un luxueux loft parisien. Seul manquait encore le cinquième larron qui devait arriver d'un moment à l'autre.
L'homme de là-bas, trouvait sa Rose plus belle qu'il ne l'avait imaginée. Ils écoutaient tous les trois leur hôtesse parler de son futur voyage avec un célèbre archéologue au pays du Nil et de Râ, le dieu Soleil. Elle parlait du génie des anciens Egyptiens, ces grands bâtisseurs de pyramides. Silencieuse, Néfertiti pensait à son aventure ratée. Elle se disait : « elle en a de la chance, elle doit être née sous une bonne étoile ». Mais elle pensait aussi : « bizarre, cette histoire d'Egypte et de voyage. En plus, elle le dit pauvre et c'est elle qui l'entretient. Encore une qui est en train de se faire entuber. Quel salaud ! L'heure de ma vengeance n'est peut-être pas si loin, finalement. Mais si Aramis était bien Orémus, oserait-elle faire un esclandre et abolir ainsi tous les espoirs de voyages de l'Etoile, sa nouvelle amie » ?
Assis côte à côte sur le grand canapé en cuir rouge, Cumulus et Rose des sables se taisaient. Ils étaient étonnés de la joie qu'ils ressentaient de se connaître enfin et de l'apaisement que la présence de l'autre leur apportait. Elle avait une envie folle de lui prendre la main, mais...
Néfertiti allait raconter sa malheureuse expérience quand le carillon de la porte d'entrée retentit. L'étoile se précipita en criant :
- Ouiiiiiiiiiiii, j'arrive Aramis !
Aramis entra en propriétaire dans l'appartement. Cumulus et Rose se regardèrent d'un air interrogatif. L'énergumène qui se pavanait devant eux ne ressemblait en rien à l'homme de la photo affichée sur leur site. Celui-ci était chauve, bedonnant et habillé sans aucune élégance. Il avait sûrement plus des quarante-cinq ans annoncés. L'Etoile leur avait bien dit qu'ils allaient être étonnés, mais à ce point là ...
Cette dernière fit les présentations avec enthousiasme. Cumulus observait la scène et vit le visage du nouvel arrivant se fermer au moment d'être présenté à Néfertiti. Au premier coup d'œil, elle reconnut en lui le fameux Orémus. En lui tendant la main Aramis baissa les yeux, tandis que Néfertiti le fixait d'un regard perçant. Un regard chargé de haine et d'une immense soif de vengeance. Au moment où elle allait l'inonder de sa colère, l'imposteur redressa la tête en affichant tout le sang froid dont il était capable. Puis, il lança nerveusement.
- Excusez-moi, mes amis, je dois partir en urgence. J'ai un rendez vous très important. Je suis passé uniquement pour vous saluer, mais je reviendrai le plus vite possible. Nous passerons un agréable week-end tous ensemble. Je dois récupérer des documents très importants. Ils sont en possession d'Orémus, un ami archéologue amateur, de passage à Paris. En ce moment, il doit être en train de prendre son billet d'avion pour Lausanne. Il arrive d'Egypte. Vous savez, pour nous, les scientifiques, c'est l'ère de la mouvance. Néfertiti ne pouvant plus se maîtriser, exprima bien haut sa colère :
- A quel jeu joues-tu malhonnête ? C'est-toi : Orémus ! Penses-tu te tirer aussi facilement d'affaire ? Aussi facilement que quand tu m'as dépouillée de mon argent ? Tu fais semblant de m'ignorer, lâche ! Je suis Néfertiti, une de tes victimes. L'homme répondit en souriant :
- Voyons, madame, il y a sûrement erreur sur la personne.
- MONSIEUR ! Ta photo est sur le forum. Puis on s'est rencontré, un soir, il y a de cela quelques mois, lorsque je t'ai remis l'argent en question.
- Vous vous trompez ! Et cette photo, je peux la voir ?
- C'est impossible, puisqu'elle a disparu en même temps que toi.
- Ainsi, vous pensez me reconnaître suite à une brève rencontre qui date de plusieurs mois. Et en plus, vous dites qu'il faisait nuit. L'Etoile sentit qu'il était temps pour elle d'intervenir :
- Mais ma chère, es-tu certaine de ce que tu avances ? Il s'agit peut être d'un autre.
- Bien sûr ! Orémus, oui, un collègue, un amateur de ruines anciennes. Il aura affiché ma photo. Mais pourquoi aurait-il fait ça ? Finit par demander Aramis. Après quoi, il sortit son portable.
- Allo ! l'aéroport...l'avion....parti déjà...dix minutes...
Il se retourna vers les autres et dit :
- Voilà ! J'ai raté mes documents à cause d'une confusion. C'est excusé madame ! dit-il en toisant Néfertiti de haut. Mais sachez que je ne mets jamais ma vraie photo sur le Net. Je suis un homme de science, moi ! Je déteste la publicité.
- C'est vrai, renchérit l'Etoile en prenant ses deux amis à témoins. Vous pouvez constater que mon Aramis ne ressemble en rien à son portrait du Souk aux Rêves. Et toi, Néfertiti, tu dois convenir que tu te trompes en l'accusant d'escroquerie, ta mémoire te fait défaut. Il s'agit sûrement d'une supercherie d'un membre de ton site.
« La reine d'Egypte » n'insista pas. Elle dit adieu pour toujours à son argent et sortit dignement de l'appartement.
Timidement, sur le canapé rouge, les mains de Rose des sables et de Cumulus s'étaient rejointes, donnant naissance à une communion des âmes, faite d'une douce tendresse trop longtemps refoulée, mais qui s'épanouissait sans faire de bruit.

FIN

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