Là-bas, au loin, sur mer sans fin

 

 

                                                                           Là-bas, au loin, sur mer sans fin.

La barque tangue au large, enveloppée de brume,

 Là-bas, sur mer sans fin, selon l’humeur des vents.

 Puis c’est le jour qui vient, qui gronde ; l’onde écume ;

 Elle délave les corps, des morts de vingt printemps

 

Arrachés par des flots aux colères soudaines.

 Ils sont partis nourris d’un rêve et d’un espoir

 D’accoster, clandestins, sur la rive incertaine

Des illusions du Nord à la faveur du soir

 

 Et la barque, toujours, chavire sur les lames,

 Les migrants rescapés agrippés à son bord,

 La voilà qui revient de l’âpre front sans armes

 Gagnera-elle enfin, sans aucun heurt, son port ?

 

Harragas vous diront leur maxime ou leur rage

 Nous léguons aux poissons nos chairs faute d’exil.

 Nous sommes combattants, nous bravons le naufrage.»

 Mais Vaudrait-il, ce Nord, le prix de leur péril?

 

Abdel

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