La Sultane

La sultane

Accroché au vieux mur, ouvragé par les doigts
D'un art de beauté ivre et demeurant adroit,
Un portrait si vivant d'une aube jouvencelle,
Une belle d'antan, candide demoiselle

Qui avait en son temps attisé tant d'ardeurs
Et noyé de chagrin par son jeu de splendeurs
De grands rois et sultans aujourd'hui poussières
Et le moine et l'imam dissous dans leurs prières.

Elle était à la fois le charme et la douceur
Le printemps ébloui lui proposait des fleurs
Le soleil l'inondait de clartés maximales
Et l'amour lui chantait des odes matinales.

Ses yeux étaient profonds comme le sont les mers
Où s'étaient engloutis dans leurs gouffres amers
Des marins passagers inspirés de sirènes.
Elle aurait vu mourir hélas dans ses arènes

Des princes amoureux venus croiser leurs fers
Pour mériter son cœur ou de brûlants enfers.
Et elle, la sultane au bord de la fontaine
Regardait froidement et l'amour et la haine.

Abdel

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