Le dictateur

 

LE DICTATEUR

Fraîchement installé
à coups de canons
et de tonnerres
à l'étage terminal,
la marche finale,
le plus haut degré,
le grade suprême.
Il fume un cigare
et pense aux pyramides.
Comme c'est haut !
Et
dans les bas fonds du règne
à ras du sol même
chez les pieds nus,
il pleut,il gèle.
Des hommes communs,
des relégués comme nous,
dans leurs chaumières,
brûlent leurs bûches
et leurs marmites noires
pleines de faim et de suie.
Comme c'est bas !

Rasez-moi ces îlots !
Ils salissent mon règne
et mes sites verts.
Bitumez mes routes
lorsque je veux passer !
Teintez de couleurs vives
les arbres, les murs, les roches
et même les enfants moches !
Hissez bien haut mon drapeau,
et portez-le sur vos chapeaux!
Je veux mon grand portrait
pas n'importe où, c'est péché !
Et la nuit je veux voir
des étoiles rouges, vertes, bleues,
rivées sur un immense pieu!
L'ordre vint ainsi, exécution.
A chaque coin de rue,
je veux un soldat,
des yeux placés partout,
l'heure est vraiment grave.
on trame quelque part
un vilain complot.
Des têtes doivent tomber,
je les veux toutes!
L'ordre vint ainsi, exécution.
Dressez des monuments géants
à l'image de ma grandeur
où j'apposerai mon empreinte,
pour l'histoire,la légende!

On érigea une statue
sur le toit de la ville.
Général Major en or massif
et il ne fut pas satisfait

Abdel

 

 

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