Le Saint

 

Le Saint


Le jour éclot, la nuit replie son sombre voile.
Dans le clair se dissout enfin l'ultime étoile,
Repère lumineux d'un rêve fou au ciel,
Quand j'entends réciter des versets au miel,
Par un saint homme âgé et doux comme un grand-père.
Un croyant au divin accomplissant sa prière.
Un partant en sursis au royaume des morts
Qui, en sainte posture il modelait son corps.


Ses gestes mesurés ajoutaient au rituel
Je ne sais quel esprit et quoi de virtuel.
Il était tout confiant, tout content, j'ose dire,
Au puissant d'obéir. Il était tout sourire.
Il murmurait ses vœux à son dieu invisible.
Dans ses yeux se lisait un bonheur indicible.

Le livre de ma vie s'ouvrit en ce moment
Sans aucune ferveur j'ai lu le vieux roman.
Satan avait signé le splendide prologue
Et un ange distrait, peaufiné l'épilogue.
Ses plages encrassées par mes nombreux péchés,
Le livre disait vrai. Il ne sait retrancher
Mes vices, mes orgies, mes tendres aventures
Dans mes folies aiguës et la plaie des ruptures.

Je contemplais le saint qui rayonnait de paix
En me disant tout bas, voici l'homme qui sait
D'un rien, du peu, asseoir une vraie plénitude.
Voici l'homme de foi, empreint de certitude.

Satan me réveilla et l'ange disparut

 

Abdel

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