Cinquante-trois ans

Il y a cinquante-trois ans

 

 

 

Il y a cinquante-trois ans

Ta mère accouchait en douceur

D’un mâle, d’un tout petit enfant

En même temps naissaient les fleurs

 

Tes cris réveillaient la nature

En couvrant le bruit des youyous

De quelques femmes un peu matures

Pour qui tu étais un joujou

 

Dans la petite maison en pierres

A l’ombre de l’Ouarsenis

Tu as grandi près de la terre

En rêvant d’une belle oasis

 

Puis vous avez déménagé

Et tu as connu le Chélif

Ca ne t’a pas trop dérangé

Tu étais encore si naïf

 

 

A six ans tu vivais la guerre

Dans les affres d’Orléansville

Ton enfance ne fut pas prospère

Par ces moments si difficiles

 

Quand il fut l’heure de l’école

Tu devins élève brillant

Te jouais de toutes les colles

L’étude t’allait comme un gant

 

Philippe Gaillard, ton idole

Qui était un fameux « gaillard »

Du français te fit le symbole

Pour tous les cancres pantouflards

 

C’est de là que te vint l’envie

De toucher à la poésie

Tu écrivais, c’était ta vie

Mais le boulot, quelle hérésie !

 

Tu es parti à l’aventure

Il te fallait  gagner ton pain

Ah, seigneur que la vie est dure

Quand il faut aller au turbin

 

Toi qui prônais la liberté

Tombais dans le cercle infernal

Des ordres pas toujours aisés

Quand on se forge un idéal

 

Tu avais bien quelques copains

Pour conquérir Miliana

Mais ça te laissait sur ta faim

Tu leur as préféré Leila.

 

Ca a duré pas mal de temps

Puis las de tous ces aléas

Par un beau matin de printemps

Tu as tout jeté sur le tas

 

Revenu à la grande maison

Sans vraiment trop savoir pourquoi

Dans ton esprit de sauvageon

Tu voulais un job rien qu’à toi

C’est ainsi qu’est née la gargote

Un four, un vieux comptoir en bois

Et quelques chaises donnaient la note

Mais chez toi, tu étais le Roi.

 

Calenticas et jus d’oranges

Limonade ou thé à la menthe

Tu avais bien choisi ta branche

Tu pouvais vivre de tes rentes

 

Pas la grande vie, la fortune

Juste de quoi te sustenter

Pas grave, il te restait les dunes

De Ténès pour te ressourcer

 

Et pourtant maintenant, tu sombres

Ton esprit prisonnier du  noir

Te torture, tout n’est plus qu’ombres

Tu  sacrifies tous tes espoirs.

 

Pendant ce temps-là, ta Nordiste

Se morfond et baisse les armes

Sans savoir pourquoi son Sudiste

A fait le deuil, naissent les larmes.

 

Elle excuse, crie au  pardon

Ne t’en veut pas, elle est comme ça

Elle hurle  au vent ton prénom

Le cœur toujours rempli de toi.

Fais donc un geste, appelle-la !

 

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