De Micheline à Ravel

 

 

 

 

 

De « Micheline » à « Ravel »

 

 

 

Je suis allée marcher bien loin sur le « Ravel »

C’est comme une ruelle entourée de verdure

Le sol tout bétonné facilite la cadence

Mais à part les arbustes et les plantes alentour

Vraiment rien qui me parle ni qui guide mes pas

Vers un endroit d’antan où la vie était belle

Par là, il y a longtemps, passait la « micheline »

Petit train à vapeur qui roulait gentiment

Sans se soucier vraiment des horaires imbéciles

Sans lesquels maintenant la vie n’est pas facile

 

Petites voitures toutes vertes avec des sièges en bois

Ciel comme on était fier quand nous petits enfants

Pouvions enfin poser nos fesses sur ces vieux bancs

Et nous laisser bercer par le bruit que faisait

Le frottement des roues sur les gros rails rouillés

Et puis de temps en temps le sifflement génial

De la grosse soupape qui lâchait la vapeur

Et quand on descendait tout rose de bonheur

On attendait encore que le train redémarre

Pour écouter ravi la voix du contrôleur

Qui criait en voiture ! Avant de souffler fort

Dans un gros sifflet noir avec une bille en bois

 

On regardait partir les nouveaux voyageurs

En faisant de grands signes en joyeux aux revoir

Qu’ils nous renvoyaient tous un grand sourire aux lèvres

En pensant que peut-être plus tard dans la journée

On se retrouverait là, un peu serrés peut-être

Pour retourner chez nous la tête remplie d’images

Et quand la nuit venue dans notre lit douillet

C’est alors qu’on rêvait du fabuleux voyage

Qu’on referait peut-être aux prochaines vacances

Quand le ciel serait bleu comme il l’est aujourd’hui.

 

Hélas ! Fini « micheline » et ses douces rêveries

Maintenant, c’est le béton qui a tout envahit

Pour faire la part belle aux piétons insouciants

Qui jettent ça et là toutes sortes déchets

Alors que des poubelles leur ouvrent grands les bras

Puis si on ne regarde pas ou on pose les pieds

C’est sûr que nos semelles seront teintées de brun

Par les restes des chiens qui marquent leur territoire

Alors qu’à eux aussi la ville a fait construire

Des endroits où ils peuvent sans crainte se libérer

Quant aux cyclistes, alors, ceux là, n’en parlons pas

Je sais bien que Ravel adorait le vélo ou mieux le boléro

Ce n’est pas une raison pour que ces imbéciles

Debout sur leurs pédales nous frôlent en criant

Attention ! là devant, c’est « Eddy »qui arrive

On se sent encore moins à l’aise à la campagne

Que sur les grands trottoirs bancals de la ville

Alors adieu « Ravel » et vieille « micheline »

Demain, j’irai marcher sans peur et sans ennui

Où règnent les voitures et les gaz d’échappement

C’est bien plus amusant et plus réconfortant

De dire, bonjour, ça va ? Il fait beau aujourd’hui

 

 

Bernadette

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Commentaires (4)

1. Janedeau 12/02/2010

Bonjour Noirette (Bernadette)
Un petit coucou ce matin (rattrappant mon retartd sur portes ouvertes dans les heures bleues de la poésie)
Vraiment superbe ce poème qui nous ramène dans un passé si lointain oui lointain car la technologie d'aujourd,hui si développée nous emporte dans son tourbillon de stress incroyable.
cela a fait du bien se plonger en ta lecture !!!

Très bien écrit !!!

Bisou à toi
Jane

2. Boudia (site web) 05/11/2009

[b][/b] Bonjour ! Bravo Bernadette, c'est un beau poème qui nous fait revenir à plus de cinquante ans en arrière avec l'innocence de notre enfance et le plein de nos idéaux d'antan. Merci !

3. jean-jacques&Mireille 04/02/2007

Heureusement que t'as un ordi si j'avais dû taper tout çà quelle galère.

4. eicive 07/12/2006

je croyais que c'était une histoire de boléro.....mais c'est bien plus beau!!!

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