L'arbre ou la liane

 

L'arbre et la liane


Dans un grand parc ensoleillé
Une clématite libérée
De tous les liens qui l'attachaient
A un vieux muret de galets
Se mit à ramper doucement
Vers un grand arbre tout fringuant
Un beau chêne au houppier massif
Qui trônait au milieu des ifs
Depuis longtemps elle espérait
De tout son cœur qu'elle oserait
Avec lui lier connaissance
Et se gaver de sa présence
Cela lui prit pas mal de temps
Pour arriver en zigzaguant
A s'accrocher au tronc boisé
Qui n'en avait rien à cirer
De cette fleur un peu déglinguée
Qu'il prenait pour une mijaurée
Car malgré tous les compliments
Qu'elle lui murmurait gentiment
Elle serait toujours l'étrangère
Qui bousculait tous ses repaires
Il ne cillait pas d'une écorce
C'était ça qui faisait sa force
Elle avait beau le questionner
Le flatter ou se lamenter
Impassible, il restait de bois
Devant cette belle plante aux abois
Quand allait-elle enfin comprendre
Que son cœur n'était pas à prendre ?
Qu'il avait déjà tout donné
A une autre qui l'avait quitté
Il en avait tellement bavé
Pour être à jamais vacciné
Du fol amour, ce sale intrus
Non, il n'y croirait jamais plus !
La clématite n'insista pas
Il avait signé son trépas
Elle lâcha prise sans dire un mot
Serra les dents sur ses sanglots
Dans un sursaut leva la tête
S'étiola, puis se fana
En déposant un point final
Aux pieds de cet amour fatal
Lui laissant pour tout souvenir
Une drôle de liane et un soupir.

Bernadette

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