On a tué la poule aux oeufs d'

On a tué la poule œufs d’amour

 

 

 

 

Comme ça, sans peine et sans remords

Quel gâchis ! C’était pourtant une bonne pondeuse

Et on l’encourageait, et on la remerciait

On la nourrissait d’espoir et de rêves

De belles chimères qui n’aboutissaient jamais.

Mais elle y croyait dur comme fer

Rien ne la rebutait, elle engrangeait les souvenirs

Pour les jours sans, les sales jours de disette

 

Un matin gris, lasse et sans force

La pauvre poulette, le regard triste

Remarqua non sans chagrin

Que sa ponte royale n’avait plus la cote

Elle avait beau se concentrer

Se forcer à sourire, mendier ou menacer

Les encouragements se raréfiaient au fil des jours

Pour doucement s’éteindre et ne laisser que cendres

Négligeant ses attraits, le roi de la basse-cour la répudiait

 

La voix usée par des gloussements amers

Brisée, la tête cachée sous une aile déplumée

Le pauvre volatil, dégrisé, se traina jusqu’au poulailler

Vidé de tout espoir, se laissa choir comme une loque

Sur un nid garni de coquilles vides

Parfois, en pensant aux jours fastes

Où tout il était beau, tout il était gentil  

Un maigre sourire lui écartait le bec

Un bec qui se refermait aussitôt sur sa solitude

Une nuit de pleine lune, elle gratta sur le sol

Une phrase sans suite qui disait simplement

 

Partie sans laisser d’adresse, pourtant je t’aimais tant.

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