Quand dorment les sirènes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand dorment les sirènes


Ils sont partis de nuit quand dorment les sirènes
Quelques jeunes migrants sur un rafiot pourri
Perdus dans le néant quand la mer se déchaine
Ils ont pour seule amie la lune qui leur sourit

De jeunes âmes d’enfants partant à l’aventure
Eblouis par le rêve d’un avenir meilleur
Un paradis lointain, belle caricature !
Car tout sera facile, là-bas, dans cet ailleurs

La barque cahote, secouée par les vagues
Dans le ciel les étoiles s’éteignent une à une
Ils n’ont d’autre repère pour diriger leur fugue
Qu’un papier chiffonné, dessiné sur la dune

La peur qui les étreint ronge leur hardiesse
Leur rappelant combien déjà d’autres sont morts
Téméraires, ils refoulent ces pensées de détresse
Se tiennent par la main, unis, ils seront forts

Sur le port, des parents attendent en priant
Les dépouilles de leurs fils qu’ils croyaient arrivés
Sur l’autre continent où tout était plaisant
Ils n’auront à pleurer que des chairs mutilées

Puis les jours ont passé et là-bas sur la plage
Quelques ombres furtives entassent des bidons
Ils embarquent en silence, direction le grand large
Les Harragas s'en vont, ne savent s'ils reviendront
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