Tranches d'âge

 

Tranches d’âge

 

Quand un beau jour on vient au monde

On n’ sait pas ce qui nous attend

Jusqu’à quinze ans la vie est belle

On écoute encore nos parents

Puis voilà que le temps se gâte

Les boutonneux deviennent hargneux

Et les donzelles ensanglantées

Se posent déjà plein de questions

Faudra que je sois la plus belle

Pour mieux séduire tous ces garçons

Qui comme de jeunes chiots bavent

Devant la joliette aux yeux bleus

Qui fait semblant par coquetterie

D’être une vraie reine de Saba.

 

A vingt ans on se croit adulte

On va leur montrer à ces vieux

Ce que veux dire la rigolade

Et comment eux, ils auraient dû

Construire leur vie souvent saumâtre

D’avoir plongé sans allégresse

Dans l’ennui qui déjà les guette.

 

A trente ans nous voilà aussi

En train de copier le tableau

On se marie, on est parents

Et commence alors la bagarre

Pour arriver à rembourser

La maison et puis la voiture

Plus belle que celle du voisin

Mais qui nous la fait jouer dure

Il faut faire bouillir la marmite

Car sans pognon, nous on est rien

 

A quarante ans on est les kings

Parfois, roi sans aucun sujet

Oui, bien heureux qui comme Ulysse

A su garder sa Pénélope

Comme une brave fée du logis

Qui sert de femme et de maîtresse

Quand on rêvasse dans son lit

Ou bien on se trompe en cachette

Ca met du piment dans la vie

Tant que l’autre est dans l’ignorance

Mais oui mon cœur, je t’aime aussi.

 

Et quand arrive la cinquantaine

Sûr on a encore de beaux restes

Le cœur en liesse ou dans la peine

On s’arrange pour garder jeunesse

Et quand passe la jeune amourette

Nos vingt ans qui refont surface

Nous mettent encore le feu au corps

On est amoureux de la vie

Mais à force de nous empiffrer

D’amour et de désillusions

Là, c’est l’infarctus qui nous guette

Faisons du sport, ça rajeunit

 

Et maintenant à soixante ans

Tout a changé rassurez-vous

Je croque la vie à pleines dents

Sans soucis du qu’en dira-t-on

Je me fous du tiers et du quart

Je suis enfin une égoïste

Qui pense à elle, il était temps

N’allais quand même pas mourir vierge

Et partir en me lamentant

De ne pas pécher par faiblesse

Je prends le plaisir où il est,

Sans peur, sans remords et sans loi

Dis, tu sais que tu as soixante ans ?

Oui, et alors, ça pose problème ?

 

Il faut bien que jeunesse se passe

Vous êtes déjà vieux à vingt ans

 

 

Bernadette

 

 

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