Mélangeons nos stylos

 

 

 

 

 

 

Mélangeons nos stylos.

 

 

 

Mélangeons nos stylos, ce sera rigolo,

Un délire de mots, un vrai méli-mélo.

De notre humour croisé naîtra fable légère

Et de la bonne humeur, nous serons messagères.

 

 

Pour des nanas comme nous la chose sera facile

Rigoler, nous moquer, n’est pas bien difficile

Te souviens-tu ? Domie,   l’autre jour au marché

Quand bras dessus dessous, on jouait les mémés ?

 

 

Je me souviens surtout de notre fière allure,

Que nous étions jolies ! Dignes d'une gravure,

Fichus de soie fleurie, posés sur nos deux têtes,

Bas de laine sexy protégeant nos gambettes.

 

 

De vieux sacs obsolètes en croco tout pelés

Lunettes doubles foyers en plastique érodé

Petites moustaches piquantes et poils drus au menton

Sans oublier bien sûr nos points noirs sur le front.

 

 

Des regards amusés suivaient notre cadence

Et nous étions ravies, c'était une évidence :

De nous apercevoir ainsi endimanchées,

Tous les gens nous croyaient les reines du marché.

 

 

Un peu comme des anglaises de la famille royale

Venues pour quelques jours se refaire le moral

Avec les fringues fanées de tante Elisabeth

Nous deux y’a pas photo, on était les plus chouettes.

 

 

 

Et nous nous y croyions, paradant de concert,

Comme dindes harnachées pour un bal à Versailles.

De notre pas de deux, dans les allées princières

Nous faisions noblement le plein de victuailles.

 

 

Achetez mon bon poisson, il est frais, il est bon !

Mais bon sang qu’elles pensaient, il nous prend pour des thons

Qu’il se regarde un peu, on dirait un hareng

Alors que nous sommes belles, juste comme à vingt ans

 

 

 

Pas un' tranche il n'aura de nos corps de sirène,

Son petit hameçon me donne la migraine,

Nous ne nous prendrons pas dans son filet tendu,

Et dans son aquarium, c'est bien trop exigu !

 

 

 

Viens, partons vite, j’aperçois le boucher « Joli »

Avec ce nom, j’espère, qu’il sera plus gentil

Cet artisan, là bas, qui se frotte les mains

Manquerait plus que ça, qu’il nous traite de boudins

 

 

C'est sûr il va vouloir nous tailler la bavette

Et nous argumenter qu'on sort de sa côt'lette,

Nous ne sommes pas des oies, nous allons lui prouver :

Ne le laissons jamais de paroles nous gaver.

 

 

On va l’avoir t’inquiètes, je passe la commande

Allez pour le plaisir vendez- nous de la viande

Deux petits pieds de porc feraient très bien l’affaire

Je suis sûre qu’avec ça, vous ne seriez pas fier.

 

 

 

 

'Voilà mon bon Monsieur, vous faites belle affaire

En vous débarrassant de cette triste paire

Qui doit, me semble-t-il, souvent vous empêcher

D'avoir de la grâce quand vous déambulez.'

 

 

Un grand éclat de rire et nous sommes reparties

Tout en nous dévêtant des fringues de vieilles filles

Déguisement abscons pour deux jolies gonzesses

Qui n’attendaient qu’une chose, qu’on leur pince les fesses

 

Domie et Bernadette

 

 

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