JAUNISSENT LES BLANCHEURS
Jaunissent les blancheurs.
Elles deviennent livides.
Noircissent les colombes.
Elles deviennent corbeaux.
S'assombrissent les lueurs,
Infiltrant un noir clandestin.
Jaunissent les feuillages
Du généreux verger,
Les fruits moisis,
La maturité oubliée.
Il ne reste que:
La nature morte,
l'ivoire et la boiserie,
la saison des vents,
des vents qui sèment.
C'est l'automne de l'âge.
Mais par où débuter
La bobine de la vie
Qui s'est enroulée
Comme un cordage marin ?
C'est de l'histoire déjà.
Vaut mieux les oublier,
Cette bobine, ce cordage.
Jaunissent les blancheurs
Par l'usure du temps.
Blanchissent les cheveux
Avec la succession des ans.
Que ces temps sont médiocres !
Et c'est pour longtemps.
Ils passent malgré nous
Par le processus de la vie.
Je suis un sombre figurant
Dans ce court-métrage
Qui se nomme vie,
À ses dernières images
En noir et blanc.
Abdel
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